Auteur : Nicolas Di Tullio avec la collaboration d’Antoine Gautier
J’ai vu la pièce au Théâtre Essaïon à Paris le Dimanche 31 mai
Adaptation et mise en scène : Ariane Gardel.
Comédiens: Freddy Viau, Nicolas Di Tullio
Costumes : Perrine Ritter
Décor : Piétro Gardel
Lumières : James Groguelin
Musique: Ulysse Darmon, Nicolas Di Tullio
Le décor est simple, uniquement un escabeau et 2 chaises. la mise en scène est sobre, et met bien en valeur le jeu des comédiens et la parole de l’auteur.
Le titre «Côté Jardin » pourrait suggérer une pièce avec une ambiance plutôt bucolique. Il n’en est rien. Le sujet de la pièce est grave mais néanmoins il est abordé avec beaucoup de délicatesse et de sensibilité.
C’est l’histoire d’un petit garçon qui mène une existence normale et insouciante, aimant aller en vacances chez ses grands-parents en Normandie, jusqu’au jour où il subit de la part d’une personne de son entourage en qui il a toute confiance, des choses innommables et abjectes. On suit le parcours de ce petit garçon qui grandit malgré tout, devient un adolescent puis un adulte qui avance tant bien que mal, fragile, influençable, qui goûte à tous les excès.
Ce petit garçon, c’est Nicolas Di Tullio lui-même. Il a préféré confié le rôle à Freddy Viau de crainte de ne pas avoir, la distance et le recul nécessaire. Ce dernier y apporte beaucoup de douceur et de sensibilité. Nicolas incarne tous les personnages qui jalonnent son parcours.
Il aurait pu sombrer et ne jamais se relever. Il finit par retrouver un équilibre grâce au théâtre qui devient une véritable passion, et lui permet de retrouver une nouvelle force pour avancer plus sereinement et ne plus se positionner en victime.
Quand on on subit de tels abus, peut-on vraiment s’en sortir complètement? Sans doute, garde t’on au fond de soi une fragilité. De cette fragilité, Nicolas Di Tullio en a fait une force. Cette force, c’est cette pièce puissante dans laquelle il s’expose et se met à nu. Je suis admirative d’un tel courage.
Mon avis :
Cette pièce d’une grande sensibilité, m’a émue aux larmes et touchée en plein coeur. J’ai tout de suite été embarquée dans l’histoire et tenue en haleine en me demandant comment le personnage principal allait parvenir à se sortir de cette spirale infernale. La pièce est rythmée par des moments drôles (Nicolas Di Tullio a de réels talents d’imitateurs ) qui sont de véritables respirations. Les 2 comédiens dont la complicité est perceptible, sont remarquables de justesse et de sincérité. J’ai été touchée par le message véhiculé par la pièce : le théâtre est un formidable outil de résilience. Ce qui a fait écho à mon propre parcours, le théâtre a donné un autre sens à ma vie.
La pièce sera jouée à partir du 12 septembre jusqu’au 20 octobre au Théâtre de la Huchette à Paris à 16 heures, avec une séance supplémentaire le 20 octobre à 21 heures et le 20 novembre au Théâtre Le Quai à Troyes.
Vous pouvez retrouver sur le blog l’interview de Freddy Viau, dans laquelle il relate son parcours : https://theatresurseine.fr/interview-freddy-viau/

Crédit photo: Mathilde Gardel

