Jeudi 4 septembre, Anne Charrier, comédienne m’a fait le grand plaisir de m’accorder une interview. Elle sera à l’affiche de la pièce « Rose Royal » adaptée du roman de Nicolas Mathieu et mise en scène au Studio des Champs Elysées, à compter du 12 septembre. Seule sur scène, elle y incarne le personnage de Rose. Cette pièce a été jouée en juillet dernier au Festival d’Avignon, dans le jardin du Théâtre des Halles.

Rose Royal au jardin du Théâtre des Halles à Avignon «
Crédit Photo : François Fonty
Vous avez commencé votre carrière d’actrice en 1999 dans « La nuit des rois » de Shakespeare. Depuis, vous alternez théâtre, télévision, cinéma. Quelle formation avez -vous suivi?
A.C : J’ai fait le Conservatoire du VIII e arrondissement. Ensuite, j’ai intégré l’E.S.A.D, l’École supérieure d’art dramatique de la Ville de Paris.
Quels conseils donneriez-vous à un jeune comédien?
A.C : Il faut être hyper passionné, et que la nécessité soit vraiment son moteur parce que c’est un métier très dur, et qui peut être très frustrant. Moi personnellement, je ne le vis pas comme ça, mais je sais qu’il peut être très ingrat. Des comédiens formidables qui ne travaillent pas beaucoup, j’en connais quelques-uns quand même. Ensuite, pendant la formation, il me semble important de s’écouter soi et de s’écouter beaucoup. Il y a plein de conseils qu’on peut vous donner, il y a même des gens qui peuvent parfois essayer de vous décourager et voilà, il faut écouter son désir et puis, travailler beaucoup pour savoir saisir sa chance quand elle se présente. C’est toujours difficile de donner des conseils.
Comment vous est venue l’idée d’adapter pour le théâtre le roman de Nicolas Mathieu « Rose Royal » ?
A.C : On m’a offert le livre à l’aube de mes 50 ans et et j’y ai tout de suite vu une voix de femme qui m’était familière à plein d’endroits parce que j’avais croisé des femmes comme Rose ou parce que moi, je m’étais sentie comme ça, forte et vulnérable. Donc, il y a eu quelque chose de l’ordre de l’évidence. Il y a aussi bien sûr l’intelligence et le talent de Nicolas Mathieu qui sait croquer des portraits de femmes d’une grande vérité, et puis, après, il y a eu l’envie irrépressible de lui donner un corps, à cette femme, de lui donner vie, de la voir concrètement.
Est-ce vous qui avez choisi pour metteure en scène Romane Bohringer? Et si oui, pourquoi ce choix?
A.C : Elle m’a été présentée par notre productrice, Caroline Verdier, qui est la directrice de la Pépinière, qui m’avait dit qu’il fallait absolument que je la rencontre, parce qu’ elle pensait qu’on était faites pour s’entendre. Le fait est que très vite, je me suis dit qu’elle avait raison. J’aime le travail de Romane. J’aime déjà passionnément l’actrice qu’elle est, je la trouve d’une grande sincérité, d’une grande authenticité, et d’une grande vérité. Enfin, je trouve qu’elle va vraiment dans des endroits qui me parlent, et que j’espère, moi-même tenter d’atteindre. J’avais vu ses films en tant que réalisatrice et je les trouvais animés de la même foi. Puis on s’est rencontrées et là, il y a eu une sorte d’évidence. Voilà pourquoi je dis que c’est moi et ce n’est pas moi qui ai choisi Romane. Ce n’est pas mon idée, mais quand même je suis très heureuse.
Pourriez-vous décrire Rose, le personnage principal de la pièce?
A.C : Alors Rose, c’est une femme de 50 ans, seule, divorcée, dont les enfants sont grands et ont quitté le nid, et qui trompe sa solitude en allant régulièrement au Royal, où finalement elle a reconstitué une sorte de famille. C’est une femme haute en couleurs, vivante, avec une verve, et un verbe. On comprend quand même, au fur et à mesure de l’action, qu’il y a aussi chez Rose, une sorte de fragilité, des blessures et des zones d’ombre. C’est un personnage assez drôle aussi.
J’ai lu dans votre dossier de presse que vous aviez dit : « Rose, c ‘est moi » . En quoi Rose c’est vous ?
A.C : J’ai l’impression qu’on vient du même terreau. Moi je viens de Charente, et elle, elle est plutôt Nancéenne. On a le même âge. Rose, ça aurait pu être moi. C’est-à-dire, que je pense que j’aurais pu être cette femme, si mon parcours avait été assez légèrement différent. Et c’est ça qui m’ a touchée aussi dans dans cette nouvelle. Cette proximité dans l’histoire. Il se trouve que j’ai, d’une certaine façon, eu plus de chance qu’elle, encore que, on ne sait pas, enfin, si on sait, nous deux, parce que vous connaissez la fin. Moi j’étais animée d’une passion qui m’a amené ailleurs, mais j’aurais pu être cette femme.
Vous êtes seule en scène. Est-ce la première fois? Avez-vous suivi une préparation particulière? Avez-vous le trac?
A.C : Alors, c’est la première fois que je suis seule en scène. Ce n’était pas un souhait en soi mais ça s’est imposé parce que la nouvelle je n’ai pas su l’adapter autrement. Je n’ai pas suivi une préparation plus particulière que celle que je fais en en général, quand je joue au théâtre, c’est-à-dire les répétitions. Et alors, est-ce que j’ai le trac ? C’est au-delà de ça, c’est-à-dire qu’être seule en scène, c’est un trac plus plus plus, vous voyez, c’est de l’ordre de la terreur. En même temps, quand ça se passe bien, c’est assez grisant d’être seul maître du récit. Donc je vous dirai que voilà, je n’ai pas eu une préparation particulière. J’ai un peu travaillé le chant et un peu la danse, parce que j’en ressentais le besoin.
Vous avez joué la pièce en juillet dernier dans le jardin du Théâtre des Halles, vous allez jouer très prochainement au Studio des Champs Elysées. Quels changements va t’il y avoir sur le spectacle? la pièce sera t’elle plus longue?
A.C : Non, elle sera de la même durée. Ce qui va vraiment changer, c’est la lumière et la scénographie, puisqu’on utilisait ce que nous proposait l’extérieur, à savoir, les arbres, on jouait dans pour vos vos lecteurs qui ne savent pas, le jardin des Halles c’est un vrai jardin, et donc on utilisait les arbres, on utilisait ce qui était en arrière-scène, en fond de scène. Là, on aura un dispositif scénique un peu différent sur ce fond de scène, donc on va répéter avec ça et et inévitablement, la structure des lieux va nous obliger à changer la lumière. On repart en répétition demain, pour le moment ce sont les seuls changements imposés. Ensuite, on verra si on se dit qu’il est plus judicieux de changer quelque chose, mais ce sera pas la durée car le spectacle, on l’a créé comme il était, on l’a pas adapté pour Avignon. On a adapté la scénographie pour Avignon, mais on n’a pas adapté le texte pour Avignon.
Pourriez-vous en quelques mots convaincre les lecteurs de venir voir votre pièce?
A. C : Je vais essayer d’être convaincante. Je pense que c’est un spectacle qui est multiple, c’est-à-dire que l’on rit, on s’émeut. C’est une forme particulière, puisque c’est un thriller psychologique, donc on sait qu’à priori que ça ne va pas bien se finir, mais on sait pas comment ça va mal se finir. Je trouve que la forme et le fond rendent le spectacle intéressant. On a essayé d’être vraiment à l’os de cette histoire, à l’essentiel et je trouve que cette femme, on la connaît tous, on l’a déjà croisée, elle est vulnérable, attachante. Je la trouve passionnante. C’est difficile de survendre son propre spectacle. Je pense que tous les types de spectateurs peuvent s’y retrouver. Parce qu’on a essayé de faire une forme hybride qui sert notre histoire, bien sûr, mais qui soit aussi très accessible.
Avez-vous des projets au Cinéma ou au Théâtre pour cette année?
A.C : Alors le 10 septembre sort « Connemara », le film d’Alex Lutz, dans laquelle j’ai dans lequel j’ai un tout petit rôle, mais je trouve le film tellement merveilleux. C’est une très belle adaptation du roman de Nicolas Mathieu. J’invite vos lecteurs vraiment à y aller si ce n’est par passion pour Nicolas Mathieu, juste parce qu’ Alex a vraiment fait un très beau film. J’ai participé à une série qui va sortir le 22 septembre sur France Télévision, qui s’appelle « La Vallée », d’après un scénario de Michel Bussi autour de la désobéissance civique. C’est une série d’actions et c’est nouveau pour moi. Je suis heureuse d’ y avoir participé.
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