Comme chaque année, j’ai toujours beaucoup de plaisir à assister à des lectures organisées par France Culture dans la cour du Musée Calvet, à l’ombre des platanes sous le chant des cigales. Mon premier souvenir dans cette belle cour a été en 2018 une lecture de la correspondance entre Albert Camus et Maria Casarès avec Isabelle Adjani et Lambert Wilson. Je me souviens avoir attendu de nombreuses heures sous une chaleur écrasante avant de pouvoir accéder au lieu. Je garde un merveilleux souvenir de ce moment suspendu. https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/avignon-fictions/notre-eternel-ete-albert-camus-maria-casares-correspondance-1944-1959-1874975
La langue arabe est l’invitée de cette 79 ème édition du Festival d’Avignon. Mardi 8 juillet était organisée une lecture par Leïla Slimani d’un texte inédit autour du thème » Assaut contre la frontière » . Elle est l’autrice de cinq romans, dont « Chanson douce » qui obtenu le prix Goncourt en 2016 . Elle était accompagnée pour l’occasion du guitariste Mocke.
Pourquoi est-ce que je ne parle pas l’arabe, ma langue? Cette question, douloureuse, vertigineuse, est au coeur de mon travail. Elle est source de chagrin, de honte et elle m’a conduite à sans cesse réinterroger mon rapport à l’identité. Ecrire c’est peut-être faire la paix avec cette honte où, au moins, chercher ma propre langue. Une langue qui ne serait sujette à aucune assignation, une langue où je pourrais m’inviter, où je pourrais être une autre et faire assaut contre la frontière. »
C’était une très belle soirée autour du thème de la quête d’identité chère à leïla Slimani puisqu’elle a une double nationalité marocaine et française.









